Couverture du livre

L'art de vivre en santé. Images et recettes du moyen âge : Le Tacuinum Sanitatis (manuscript 1041) de la Bibliothèque de l'Université de Liège

par OPSOMER Carmélia

Disponible
Catégorie : Histoire
Éditeur : Editions Du Perron
Année : 1991
Pages : 207
ISBN : 9782871140542
Édition :
Langue : French
Emplacement : 9.OPS.A
Résumé

Depuis sa redécouverte à la fin du XIXe siècle, le ?Tacuinum sanitatis? est l?enfant chéri des historiens de l?art. Exposant sous une forme ramassée et systématique la complexion, la qualité, la nocivité et les moyens de corriger les choses ?non naturelles?, ce texte a été en effet souvent accompagné de scènes magnifiquement illustrées, abondamment reprises dans les ouvrages traitant de la vie quotidienne au Moyen Âge. Les manuscrits enluminés les plus précieux - ceux de Vienne, de Paris et de Rome - ont été successivement publiés en fac-similé. Camélia Opposer vient donc combler une lacune en reproduisant chacune des pages de l?exemplaire actuellement conservé à la Bibliothèque de l?Université de Liège, dont elle dirige le fonds manuscrit. Bien que restée incomplète - la plupart des dessins n?ayant pas été coloriés - la décoration de ce ?Tacuinum sanitatis? est d?une finesse remarquable. L?attribution au grand peintre et enlumineur Giovannino de? Grassi (?) est ici confirmée par un argument textuel (?). Mais la publication de Mme Opsomer va bien au-delà d?un livre d?images. Celle-ci a en effet accompagné les planches et la traduction française des notices d?un commentaire très informé, qui en éclaire à la fois les racines médicales et l?arrière-plan pratique. On sait que le ?Tacuinum sanitatis?est la traduction d?un texte arabe, effectuée dans la deuxième moitié du XIIIe siècle en Italie du sud - pour le compte de Charles d?Anjou, croit-on habituellement, mais Camélia Opsomer suggère plutôt la cour sicilienne du grand rival de Charles, Manfred. L?original, intitulé ?tableaux de santé? (?), a été composé par Ibn Butlan, médecin bagdadien du XIe siècle, qui utilisait évidemment les travaux de ses devanciers. Non sans originalité parfois, et les confrontations proposées par l?éditeur confirment que l?immobilisme de la médecine médiévale n?est qu?une mythe éculé. C?est l?occasion pour elle de faire le point, dans une remarquable introduction, sur un secteur singulièrement négligé par la recherche, la diétique. (?) Camélia Opposer ne néglige pas pour autant les textes latins du Haut Moyen Âge, qu?elle a grandement contribué à mieux faire connaître grâce aux dépouillements réalisés dans le cadre du programme ?Theorema?. (?). Longtemps considéré du seul point de vue de l?historien d?art, le ?Tacuinum sanitatis? doit maintenant être aussi étudié pour son texte, pour les conceptions médicales qu?il véhicule et les pratiques alimentaires dont il témoigne. C?est le grand mérite de Camélia Opposer d?avoir montré la première la pertinence de cette démarche, en combinant des disciplines trop souvent dissociées: l?histoire du livre manuscrit, celle de la médecine et celle de la cuisine.? (BRUNO LAURIOUX in Médiévales, 1993, pp.134-137). From the library of Prof. Carl Deroux.